Ce que vous devriez savoir sur le lin textile, l’interview de Kalos Paris

Avr 26, 2021 | Matériaux respectueux, Uncategorized

Savez-vous que le lin est majoritairement cultivé dans les Hauts-de-France ? Connaissez-vous toutes les vertus de cette fibre fantastique ?
Avec Hélène, fondatrice de Kalos Paris, nous vous proposons de découvrir cette fibre textile éco-responsable que l’on aime particulièrement : le lin.

D’où vient le Lin ? Un peu d’histoire-géo…

Le lin est connu pour être la matière textile la plus ancienne du monde ! En 2009, des paléontologues en ont découvert des fragments datant de plus de 36 000 ans, dans une grotte en Géorgie. Ce seraient les premières traces de textile travaillés par la main de l’homme, les fibres étant torsadées et colorées.

Tout au long de l’histoire, on retrouve des traces de cette fibre. Initialement cultivée en Egypte, le lin habille les prêtes égyptiens et ses bandelettes entourent les momies dans les sépultures. Il est ensuite exporté en Europe avant d’être directement cultivé sur place par les Gaulois. Ils l’utilisent pour tisser leurs voiles de bateaux et tisser les tenues des Druides. Son usage se démocratise sous Charlemagne qui impose sa filature à la cour et la mise en place de moyens pour travailler le lin dans chaque foyer. Au XIIème siècle, la culture du lin se développe dans les Flandres, en Bretagne et en Picardie. Bruges devient capitale linière pendant trois siècles. Le développement de la filière s’étend jusqu’à ce que de nouvelles fibres viennent en concurrence comme le coton au XIXème siècle puis le développement de toutes les fibres synthétiques.

Coté géographie, la culture du lin apprécie particulièrement les régions tempérées. C’est donc naturellement qu’il a trouvé sa place dans les champs de Normandie, des Hauts-de-France mais aussi en Belgique ou aux Pays-Bas. Aujourd’hui, 80% de la production mondiale de lin provient d’Europe et en grande majorité de France (75% de la production mondiale) ! La culture du lin est difficilement délocalisable, du fait des exigences spécifiques de climat et de type de sol qui conviennent parfaitement à cette petite plante aux si délicates fleurs bleues. Ces conditions de culture garantissent la qualité de ses fibres une fois récoltées. Néanmoins, avec l’évolution du paysage industriel international, les entreprises de filatures et les tisseurs ont été délocalisées de part le monde. Ainsi, c’est environ 80% de la production mondiale de lin qui part en Chine pour transformation et ce malgré une production très localisée.

Quelles sont les étapes de la filière du lin textile ? De la plante au tissu

Le cycle de végétation du lin est d’une centaine de jours et sa floraison s’étale sur une dizaine de jours. Chaque fleur ne vivra qu’une seule matinée ! 5 semaines après celle-ci, les tiges sont arrachées pour préserver toute la longueur de la plante. Vient ensuite l’étape du rouissage : Le liniculteur étale les tiges à même le sol, où les bactéries et les champignons viendront s’attaquer aux substances appelées ciments, qui relient les fibres entre-elles. Cette étape est très surveillée par le liniculteur qui doit s’assurer qu’elle se réalise de façon bien homogène. Les tiges seront ensuite roulées en ballots et livrées à l’usine.

On passe alors au teillage, étape mécanique qui vise à sortir la fibre de l’enveloppe externe de la tige (qui sera valorisée sous forme de paillettes de bois). Egrenage, étirage, broyage puis battage permettent d’obtenir les fibres qui seront triées selon leur longueur. Vient ensuite l’étape du peignage, qui permet de calibrer et d’étirer les fibres sous forme de rubans prêts à être filés.

Les fibres sont maintenant prêtes à être filées. La filature est une étape cruciale qui déterminera le devenir de la fibre. On distingue la filature “au sec” pour obtenir des fils épais qui serviront à réaliser des cordes, des tissus d’ameublement… et la filature “au mouillé” (avec trempage à 60°C) pour obtenir des fils plus fins, qui seront tissés pour les tissus d’habillement, de linge de maison.

La dernière étape est celle du tissage des fils de lin. Il est possible d’obtenir une multitude de tissus à partir des fils de lin selon différentes méthodes de tissage. Ces spécificités techniques sont maitrisées par les tisseurs qui sont pour la plupart situés en Europe.

Le lin éco-responsable : une filière 100% française ?

La délocalisation a forcé la rupture géographique de la filière : d’une culture française, les fibres partent en Pologne, ou même plus loin encore (Chine, Inde…) pour être filées puis revenir en France… Bonjour l’impact carbone !!!!

Mais la filière s’oriente aujourd’hui vers un 100% made in France avec des entreprises telles que Lemaitre Demeestere (qui propose un savoir faire unique et 100% européen depuis 1835) et l’entreprise Emmanuel Lang (qui a investit dans une filature alsacienne en 2019).
L’entreprise Safilin propose elle aussi une filière 100% européenne avec des matières premières provenant des Hauts-de-France et une filature délocalisée en Pologne depuis 1995. Pour aller encore plus loin, Safilin va bientôt réouvrir une filature en France proposant donc une filière 100% française d’ici 2022.

Un bel avenir industriel 100% made in France s’annonce donc pour le lin, permettant une production toujours plus locale, plus respectueuse des nouvelles valeurs des consommateurs et de l’environnement.

Quelles sont les différentes utilisations du lin ? Polyvalent et zéro déchet…

En manufacture textile, le lin est utilisable partout, pour les vêtements, pour le linge de lit, de maison, les rideaux etc… Mais le potentiel du lin ne s’arrête pas là. A partir du lin, il est possible de fabriquer du papier, des toiles de peinture, du paillage, de la litière, de huile de graines de lin… Les applications sont tellement nombreuses qu’il est difficile de tout lister.

Du côté de la maison et de l’habitat, on découvre de nombreuses applications : Le lin se retrouve par exemple dans la fabrication de matelas écologiques en latex naturel. On peut également compresser les fibres pour obtenir des panneaux de lin agglomérés très versatiles en terme d’utilisation. On les retrouve dans la conception d’emballages mais aussi dans la réalisation de plan de travail par exemple. Leur fabrication nécessite une faible quantité de colle et est donc écologique et respectueuse de notre santé. Des panneaux en laine de lin peuvent également servir dans l’isolation acoustique et thermique des habitations et même pour créer des cloisons coupe-feu.

Le lin entre également dans la fabrication de composites où il remplace la fibre de verre. Cela permet de fabriquer des pièces structurelles et réaliser des formes complexes notamment du mobilier en lin plus respectueux de l’environnement et plus léger. De nombreux designers s’intéressent aux avantages de ce matériaux dont la culture n’épuise pas les sols, nécessite très peu d’engrais et peu d’eau et ne produit pas de déchets. Le lin apporte dans leur conception un aspect émotionnel avec cette fibre aux couleurs et aux irrégularités naturelles, chaleureuse.

L’un des plus gros atouts du lin, c’est que c’est une plante zéro déchet ! Toutes les composantes de la plante et tous les déchets de production sont valorisées à chaque étape.

Le lin un produit zero dechet

Le lin, cet incontournable du linge de maison ! Notre rencontre avec Kalos Paris

Comment vous parler du lin sans demander l’avis de sa plus fervente représentante parmi les marques partenaires d’idely ? Voici l’interview d’Hélène, fondatrice de Kalos Paris qui propose une ligne de linge de familles en lin lavé, made in France.

Comment as-tu décidé de démarrer l’aventure Kalos Paris, et pourquoi avoir choisi le lin ?

J’ai grandi dans un environnement avec une grande sensibilité pour le travail du textile et de l’artisanat. Je suis originaire du Sénégal. Là-bas, le lin est très apprécié car très agréable à porter sous les fortes chaleurs.

Hélène cherchait une solution alternative aux textiles conventionnels et curieuse des richesses locales, elle se renseigne sur la culture du lin près de chez elle, dans les Hauts-de-France. Elle découvre alors les vertus du lin pour la peau et pour l’éco-système, prend contact avec des tisseurs et tombe complétement amoureuse de la fibre et de toutes ses possibilités. Son engagement pour l’environnement rencontre ici la fibre rêvée, toutes les parties de la plante peuvent être utilisées et les procédés de culture permettent même de nourrir les sols, une vraie filière zéro déchet.

Comment as-tu sélectionné les acteurs de la filière avec laquelle tu travailles ?

Hélène a recherché et sélectionné plusieurs tisseurs pour la création de sa gamme de produits textiles. Elle a réalisé des tests de durabilité et plusieurs prototypes avant de choisir un partenaire tisseur pour sa première collection.

J’avais a coeur de choisir un tissage de haute qualité afin de proposer des intemporels durables dans le temps, doux, lumineux qu’on puisse se transmettre dans la famille.

Un travail de sélection minutieux et pas toujours simple pour une jeune marque avec pour challenge de trouver le plus beau lin, dans des quantités, prix et délais d’approvisionnement raisonnables.

Quelles certifications existent pour le lin ?

Il existe deux principaux labels :

  • Le label “masters of linen” est le plus connu. Il est géré par la CELC (Confédération Européenne du Lin et du Chanvre). Ce label garantit que, de la plante au tissu, tout a été fait en Europe. Il implique donc la notion de traçabilité à chaque étape de transformation. Il permet également de garantir la transparence sur la composition des produits en indiquant systématiquement la teneur en lin (100%, majoritairement ou mélangé).
  • Le label “European Flax”, géré lui aussi par le CELC, est quant à lui garant de la qualité de la fibre de lin (qualité premium). Il valorise un savoir-faire et une exception agricole européenne en garantissant l’origine du lin (France, Belgique et Pays-Bas). Il s’applique à tous les domaines d’utilisation du lin et pas seulement au secteur textile.

Hélène nous précise que le label s’applique au tisseur et non pas à la marque de produits textiles. Pour Kalos Paris, elle utilise des tissus labellisés.

Que penses-tu des clichés que l’on peut avoir sur le lin ?

Parmi les inconvénients souvent cités du lin, on entend souvent que c’est un textile rêche, qui se froisse facilement ou ne peut se porter qu’en été…

Hélène défend ce textile aux milles vertus.

Pour mes produits, j’ai sélectionné un lin lavé, doux, souple et facile d’entretien. Certaines techniques et procédés d’ennoblissement permettent d’assouplir la fibre de lin, comme le stonewash par exemple. C’est un lavage à haute température avec des pierres qui battent les fibres du tissu, desserrant le tissage pour l’adoucir.

Le lin, un tissu qui se froisse ? Le lin lavé se froisse de façon très naturelle ce qui lui donne son aspect caractéristique. Il n’est donc pas nécessaire de le repasser, une bonne nouvelle ! Si vous tenez à le repasser, il est important de le repasser à l’envers sur tissu humide. Concernant l’entretien du lin, Hélène nous conseille un lavage à 30 – 40°C avec un séchage au naturel. Le lin s’adoucit peu à peu au fil des lavages.

Le lin est une étoffe respirante, thermorégulatrice, agréable pour la peau, écologique et qu’il est donc tout à fait possible, voir conseillé, de le porter tout au long de l’année. On porte du coton tout le temps, alors pourquoi pas du lin?

Quelles nouveautés souhaites-tu nous faire découvrir ?

Le lin propose de plus en plus de déclinaisons, tant au niveau des coloris que des textures. Cela ouvre le champs des possibles pour proposer de nouveaux produits. Il y aura de belles nouveautés à découvrir chez Kalos Paris. A suivre…

Merci à Hélène pour son temps, sa sympathie et ses réponses à nos questions. Nous sommes certaines que cet article aura terminé de vous convaincre de toutes les vertus de cette étoffe !

Une première sélection de produits Kalos Paris est disponible sur le e-shop et en boutique. Si vous ne trouvez pas votre bonheur, nous pouvons étudier ensemble vos besoins pour une commande spécifique en décoration, parure de lit etc…. Un nuancier des différents coloris est d’ailleurs disponible en magasin pour vous aider à choisir.

Sources et crédits photos : Le lin coté nature ; News europeanflax ; Safilin ; Lemaitre Demeestere ; Emanuel Lang ; Kalos Pari

PARTAGEZ TELLEMENT C’EST FOU !

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *